La joie du retour à la maison fut de courte durée, jusqu’à ce que tombe le diagnostique. Ce fameux diagnostic fut assez lourd et dur à entendre pour mes parents. La consultation sur Limoges se termina ainsi : « S’il est toujours là dans 6 mois, vous le ramènerez à BORDEAUX ! » Mais revenons à ma cardiopathie. Pour être plus exacte, j’ai de multiples malformations qui sont principalement : une dextrocardie (cœur à droite), une atrésie tricuspidienne (ventricule gauche quasi inexistant, soit ventricule unique), transposition des gros vaisseaux (inversement de l’artère pulmonaire et de la veine cave), etc... Tout n’ai peut être pas exacte mais je ne suis pas cardiologue et puis il y a un tel bordel là dedans. C’est le professeur CHOUSSAT qui m’a sauvé la vie. De ma petite enfance, je n’ai que très peu de souvenir. C’est dommage car j’aurais bien voulu retranscrire plus de chose.

Pr. CHOUSSAT
Six long mois se sont écoulés... C’est noël et je vais passer mon premier noël dans l’hôpital de Bordeaux avec maman. Avant ce moment là, maman n’avait pas encore rencontré ce grand Professeur qu’est Monsieur CHOUSSAT. Lui enfin expliquer à maman ce qu’à son enfant. Elle m’a raconté qu’elle était restée longtemps dans son bureau pour lui expliquer pourquoi j’étais différent des autres enfants et comment j’étais construit dans mon corps. Il a pris le temps de lui faire des dessins de mon cœur, des mots, des regards... Malgré sa patience, maman n’a hélas pas tout compris. La seul phrase qu’elle ai retenu est : « pour l’instant, il va bien ». C’est alors qu’a commencé le rythme des visites à Bordeaux tous les 6 mois. Hospitalisation de 2 à 5 jours, selon l’importance du bilan ! A l’époque, c’était très strict dans le service du Professeur CHOUSSAT. Les visites n’étaient autorisées que de 10h00 à 13h00 et de 15h00 à 20h00. L’après midi, il fallait se mettre dans son lit pour faire la sieste et attendre le passage de tonton CHOUSSAT. C’est comme ça que l’appelais tout les enfants. Le soir c’était la déchirure, les pleurs de laisser partir maman car j’avais peur qu’elle ne revienne pas me chercher le lendemain. Les premières années ont été très difficiles mais je me suis habitué et je me suis fait des copains d’hôpital. Je retrouvais mes copains de chambre ensemble, le soir, c’était la « foire » dans les dortoirs. Les années se passées et je grandissait doucement mais sûrement. D’après papa et maman, j’étais un enfant remuant, plein de vie et qui cherchais constamment à se surpasser.