Le diesel mal dans ses pompes

Publié le par JPex

  
 
La météo n'est plus le premier sujet de conversation des Français, c'est le coût du plein. Alors que le prix du baril a explosé la barre des 130 dollars la semaine dernière, les 52% de propriétaires d'une voiture Diesel souffrent. En cinq mois, l'écart historique avec le sans-plomb 95 s'est volatilisé. Encore de 15 centimes par litre en janvier, la différence est tombée à 3 centimes à la mi-mai. La semaine dernière, certaines pompes vendaient le litre de gazole jusqu'à 6 centimes plus cher que le sans-plomb 95. A ce rythme, le litre de gazole pourrait devenir plus cher que l'essence dès cette semaine et franchira en premier la barre des 1,50 euros.
 

Depuis 2004 déjà, sous la pression d'une demande mondiale en hausse, le prix hors taxes du gazole est régulièrement plus cher que celui du SP 95. Mais depuis janvier, l'écart de quelques centimes a été multiplié par quatre. La différence efface l'avantage fiscal du gazole, qui bénéficie d'une taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) de 0,43 euros par litre, contre 0,60 euros pour le SSP 95 et 98.
 

Reste que pour les spécialistes, le virage en faveur de l'essence viendra paradoxalement des constructeurs. Bruxelles ne tardera pas à sévir sur les émissions de particules fortement polluantes des moteurs Diesel. Pour les réduire, le surcoût d'un tel véhicule par rapport à l'essence deviendrait rédhibitoire, passant de 2.000 à 4.000 euros, estime Gaëtan Toulemonde, analyste financier à la Deutsche Bank. Renault et PSA travaillent donc sur des modèles essence équipées de turbo ou de systèmes «Stop and Start» pour réduire la consommation de 8 litres à 3,5 litres pour 100 kilomètres. La disparition du diesel - du moins sur les modèles les moins chers - était donc écrite bien avant que le gazole rattrape l'essence à la pompe.

 

Source: Angeline Benoit - 20 Minutes, éditions du 26/05/2008

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