Pas d'économie sur la politique familiale

Publié le par JPex

Le gouvernement s'est à nouveau défendu jeudi de vouloir faire des économies sur sa politiquefamiliale en réformant le versement des allocations versées aux parents d'adolescents, évoquant un simple rééquilibrage auprofit de la petite enfance.

Cette modification, à partir du 1er mai, entraînera bien une baisse des prestations - de près de 600 euros par enfantselon les syndicats - ce qui provoque la colère des associations familiales, de l'opposition et de certains élus de la majoritéen pleine période d'inquiétude sur le pouvoir d'achat.

Après des déclarations contradictoires du porte-parole du gouvernement et de la secrétaire d'Etat chargée de la Famille,les services du Premier ministre ont annoncé mercredi soir que le décret prévoyant la majoration unique de l'allocation, à 14ans, serait publié "dans les tout prochains jours".

L'aide sera désormais de 60 euros contre plus de 90 euros, versés en deux temps (près de 34 euros dès 11 ans et de 60euros à 16 ans).

Une telle mesure représente une économie de 138 millions d'euros, selon la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf)dont le conseil d'administration avait rejeté début février le projet de décret modifiant les allocations.

"Il ne s'agit pas du tout d'enlever de l'argent aux familles (mais) de redéployer" conformément à la promesse decampagne de Nicolas Sarkozy de mieux accompagner la petite enfance, a déclaré Nadine Morano sur France Inter. "Nous rééquilibrons (...) Nous allons mettre un budget important - près d'un milliard d'euros - sur le droit opposable à lagarde d'enfants", a-t-elle ajouté.

Dans cette affaire, il y a "une confusion et ensuite un mensonge", a estimé le porte-parole du gouvernement, Luc Chatelsur France 3.

"CASSER LES FAMILLES"

"La confusion, c'est que cette mesure a été adoptée à l'automne dernier par le Parlement" dans le cadre du projet definancement de la sécurité sociale (PLFSS), a-t-il expliqué. "Le mensonge est que non, il n'y a pas de baisse d'engagementspour les familles", a-t-il ajouté démentant tout cafouillage dans la communication gouvernementale.

Après le conseil des ministres, pendant lequel Nicolas Sarkozy a recadré le gouvernement après les "couacs" en série dela semaine dernière, Luc Chatel avait pourtant assuré que "rien n'était prévu" sur la baisse des allocations.

En visite dans les Vosges, le chef de l'Etat a été interrogé sur sa sévère mise au point de la veille. Cela a-t-il suffi auregard des dernières déclarations de ses ministres, ont interrogé les journalistes? "Non", a-t-il répondu.

Dans un communiqué, les députés socialistes dénoncent une politique familiale "passée au tamis de l'austérité". La Révisiongénérale des politiques publiques (RGPP) engagée par le gouvernement s'est muée en "Rigueur générale pour le peuple",déplorent les députés.

Pour Ségolène Royal, le gouvernement "casse les familles" qui sont un "lieu essentiel de sécurité, d'éducation et detransmission des valeurs" et qui sont déjà durement frappées par les franchises médicales mises en place par la droite.

Le gouvernement veut "raboter sur la moindre dépense sociale", a estimé de son côté Julien Dray, porte-parole du PS, surRadio Classique. A ses yeux, le gouvernement se trouve aujourd'hui dans une situation "très difficile" parce que "son socleélectoral est en révolte".

L'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, a réclamé des "assurances sur le fait que pas un centimed'euros dégagé de la réforme n'ira financer une autre politique que la politique familiale".

Dans Le Parisien, le député UMP du Maine-et-Loire Hervé de Charette estime que la mesure "ne peut pas être maintenue en l'état" et dénonce les approximations du gouvernement après la carte familles nombreuses, le remboursement des lunettesou les conditions d'indemnisation des chômeurs. "C'est un gouvernement à hue et à couacs", accuse-t-il.

Pour le député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, la politique familiale, "c'est une rupture dont on se passerait bien" qui donne aux familles "un bien mauvais signal au moment où elles sont les premières victimes des difficultés économiques".

Source: News-MSN - Laure Bretton

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